PREAMBULE
A l’invitation de Son
Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, en sa qualité
de Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement
de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO),
agissant sur mandat exprès de celle-ci, deux délégations de la République de
Côte d’Ivoire, l’une représentant le Président de la République et l’autre les
Forces Nouvelles, se sont rencontrées à Ouagadougou du 05 février au 03 mars
2007. Cette rencontre fait suite à l’annonce, le 19 décembre 2006, du plan de
sortie de crise du Président Laurent GBAGBO qui a saisi, le 23 janvier 2007,
le Président en exercice de la CEDEAO pour faciliter le dialogue direct entre
les ex-belligérants du conflit armé en Côte d’Ivoire. Le Président Blaise
COMPAORE, après avoir consulté le Secrétaire Général des Forces Nouvelles,
Monsieur Guillaume SORO, les différents acteurs de la scène politique
ivoirienne, ainsi que le Premier Ministre, Monsieur Charles Konan BANNY, y a
marqué son accord et a préconisé que ce dialogue direct s’inscrive dans le
cadre de la résolution 1721 (2006) adoptée par le Conseil de sécurité des
Nations Unies le 1er novembre 2006. Au cours de leurs échanges, la Délégation
de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, conduite par Monsieur
Désiré TAGRO, Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO, Porte-parole de
la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, et la Délégation des Forces
Nouvelles, conduite par Monsieur Louis-André DACOURY-TABLEY, Secrétaire
Général Adjoint des Forces Nouvelles et Ministre de la Solidarité et des
Victimes de guerre, profondément attachées à une sortie heureuse de la crise
en Côte d’Ivoire, ont procédé à une analyse de la situation intérieure. Elles
ont souligné l’impérieuse nécessité de construire la paix et la stabilité ; de
lutter contre l’insécurité grandissante, le chômage et la pauvreté ; de
restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national et de
garantir la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue
du territoire national. En raison de la responsabilité particulière qu’elles
ont dans la conduite du processus de sortie de crise, les deux Parties au
conflit armé en Côte d’Ivoire ont reconnu l’impérieuse nécessité de se mettre
ensemble pour consolider la paix, promouvoir une véritable réconciliation
nationale et parvenir à une normalisation politique et institutionnelle, à
travers un dialogue permanent et une confiance mutuelle. Après avoir identifié
les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des Accords de Linas-Marcoussis,
d’Accra et de Pretoria, ainsi que des Résolutions de l’ONU sur la Côte
d’Ivoire, les Parties, en vue d’arrêter des décisions, ont réaffirmé :
leur
attachement au respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité
territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire ;
leur
attachement à la Constitution ;
leur
attachement aux Accords de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria ;
leur
attachement à toutes les Résolutions des Nations Unies sur la Côte d’Ivoire,
en particulier aux Résolutions 1633 (2005) et 1721 (2006) du Conseil de
Sécurité de l’ONU ;
leur
volonté de créer les conditions d’élections libres, ouvertes, transparentes et
démocratiques ;
leur
volonté de mettre en commun leurs efforts et leurs énergies en vue d’un
fonctionnement normal des Institutions de la Côte d’Ivoire et d’un retour à la
normalité politique, administrative et militaire en Côte d’Ivoire. Pour
faciliter la mise en œuvre des Accords et des résolutions ci-dessus visés,
notamment la Résolution 1721 (2006), les Parties ont arrêté les décisions
suivantes :
I. DE L’IDENTIFICATION GENERALE DES
POPULATIONS
Les Parties signataires du présent Accord ont reconnu que
l’identification des populations ivoiriennes et étrangères vivant en Côte
d’Ivoire constitue une préoccupation majeure. Le défaut d’une identification
claire et cohérente, de même que l’absence de pièces administratives uniques
attestant l’identité et la nationalité des individus constituent une source de
conflits. Elles ont, en conséquence, décidé de mettre fin à cette situation
par les mesures suivantes :
1.1. La relance des audiences foraines
d’établissement de jugements supplétifs d’actes de naissance 1.1.1. Les
audiences foraines seront relancées sur l’ensemble du territoire national dès
la mise en place du nouveau Gouvernement issu du présent Accord. Dans le but
d’accélérer la délivrance des jugements supplétifs d’acte de naissance, les
magistrats appelés à animer les nouvelles juridictions créées pour les besoins
des audiences foraines seront nommés par décret présidentiel et dotés de
moyens nécessaires pour leur mission.
1.1.2. Les opérations exceptionnelles
d’audiences foraines qui dureront trois (03) mois délivreront uniquement des
jugements supplétifs tenant lieu d’actes de naissance aux personnes nées en
Côte d’Ivoire qui n’ont jamais été déclarées à l’état civil.
1.1.3. A
l’occasion de la relance des audiences foraines, une campagne de
sensibilisation, d’information et de mobilisation impliquant les acteurs
politiques, les Etats Majors Militaires et la Société civile sera organisée
pour inviter les personnes concernées à se présenter devant les juridictions
foraines de leur lieu de naissance pour se faire délivrer un jugement
supplétif tenant lieu d’acte de naissance.
1.1.4. Les Parties s’engagent à
garantir la sécurité des opérations d’audiences foraines sur toute l’étendue
du territoire national.
1.2. La reconstitution des registres de naissance
perdus ou détruits Parallèlement aux audiences foraines d’établissement de
jugements supplétifs d’actes de naissance, les registres d’état civil perdus
ou détruits dans certains centres d’état civil seront reconstitués
conformément aux dispositions de l’Ordonnance du 17 janvier 2007 et de son
Décret d’application qui devra être pris dans les meilleurs délais.
1.3.
L’organisation d’une opération d’établissement de nouveaux titres d’identité
(cartes nationales d’identité et titres de séjour) Les Parties s’engagent à
organiser une opération exceptionnelle d’établissement de nouveaux titres
d’identité selon les modalités ci-après.
1.3.1. Identification ordinaire
1.3.1.1. Les ivoiriens, assujettis à l’obligation de détention de la carte
nationale d’identité, disposant d’un certificat de nationalité et d’un acte de
naissance ou d’un jugement supplétif d’acte de naissance en tenant lieu,
pourront bénéficier de la nouvelle carte nationale d’identité.
1.3.1.2. Les
non ivoiriens disposant d’un acte de naissance ou d’un jugement supplétif
d’acte de naissance en tenant lieu et d’un document consulaire indiquant leur
nationalité pourront bénéficier d’un nouveau titre d’identité correspondant à
leur statut.
1.3.2. Identification sur la base de la nouvelle liste électorale
1.3.2.1. Dans un souci d’accélération de l’identification et compte tenu de la
situation actuelle de l’Administration en Côte d’Ivoire et des nécessités
subséquentes de la sortie de crise, les Parties conviennent de privilégier
l’identification basée sur la liste électorale. 1.3.2.2. A l’issue des
audiences foraines, la CEI procèdera, sur la base de la liste électorale de
2000, à un recensement électoral, avec collecte des données biométriques sur
toute l’étendue du territoire national. Pourront s’inscrire sur la liste
électorale les ivoiriens âgés de dix-huit (18) ans au moins, munis d’un
extrait d’acte de naissance ou d’un jugement supplétif d’acte de naissance en
tenant lieu. 1.3.2.3. Tous les citoyens qui se seront fait enrôler sur la
liste électorale se verront délivrer un récépissé comportant leur numéro
d’identification unique qui sera nécessaire pour le retrait de la carte
d’électeur et de la nouvelle carte nationale d’identité.
1.3.2.4. Après la
procédure de validation de la liste électorale par la CEI, un décret pris en
Conseil des ministres autorisera l’attribution de la nouvelle carte nationale
d’identité à tous ceux qui figureront sur la liste électorale définitive.
Celle-ci servira de base de données commune pour la délivrance des nouvelles
cartes nationales d’identité et de la carte d’électeur.
1.3.3. Normes sur les
nouveaux titres d’identité
1.3.3.1. Les nouveaux titres d’identité seront
infalsifiables, hautement sécurisés et comporteront un numéro d’identification
unique pour chaque titulaire.
1.3.3.2. La confection et la délivrance des
nouveaux titres d’identité seront assurées par l’Office National
d’Identification (ONI), sous la supervision de la Commission nationale de
supervision de l’Identification (CNSI).
1.3.3.3. Pour l’opération
d’identification, le Gouvernement fera appel, avec l’accord des deux (02)
Parties, à un opérateur technique désigné par décret pris en Conseil des
Ministres.
II. DU PROCESSUS ELECTORAL
Soucieuses de parvenir, dans les meilleurs délais, à une paix durable et à une
normalisation politique et institutionnelle en Côte d’Ivoire, les Parties au
Dialogue Direct réaffirment leur engagement à préparer, à l’issue de
l’opération d’identification, des élections présidentielles ouvertes,
démocratiques et transparentes, conformément aux accords de Linas-Marcoussis,
d’Accra et de Pretoria. A cette fin, elles décident ce qui suit :
2.1.
L’inscription sur la liste électorale
2.1.1. Les Parties conviennent que
l’inscription sur la liste électorale sera établie par l’Institut National de
la Statistique (INS) et l’opérateur technique désigné par le Gouvernement pour
l’identification. Ces deux opérateurs accompliront leur mission sous la
responsabilité de la CEI.
2.1.2. Tous les citoyens ivoiriens en âge de voter
pourront s’inscrire sur la liste électorale. A cet effet, ils devront se munir
d’une des pièces suivantes : un extrait d’acte de naissance ou un jugement
supplétif d’acte de naissance en tenant lieu.
2.1.3. Un décret pris en Conseil
des Ministres fixera les modalités d’inscription sur la liste électorale
conformément aux dispositions du Code électoral.
2.2. La publication de la
liste électorale définitive
2.2.1. La liste électorale définitive, validée par
la CEI, sera publiée conformément aux dispositions de l’article 11, al. 2 du
Code électoral, ou par toute autre voie convenue par les Parties.
2.3.
L’établissement et la distribution des cartes électorales
2.3.1. Après sa
publication, la liste électorale définitive donnera lieu à l’établissement des
cartes d’électeurs sous la responsabilité de la CEI.
2.3.2. La distribution
des cartes d’électeurs sera assurée par la CEI à travers ses démembrements
deux semaines au plus tard avant la date des élections, conformément à
l’article 5 du Code électoral.
2.3.3. L’électeur qui n’aura pas pu retirer sa
carte d’électeur dans le délai prévu dans le paragraphe ci-dessus pourra
néanmoins voter avec sa nouvelle carte nationale d’identité, s’il est
régulièrement inscrit sur la liste électorale.
2.4. Collaboration entre les
structures intervenant dans le processus électoral
2.4.1. Dans un souci de
transparence et d’efficacité, sous l’autorité de la CEI, l’INS et l’Opérateur
technique désigné par le Gouvernement collaboreront pour l’établissement des
cartes d’électeur.
2.4.2. Un décret pris en Conseil des ministres précisera
les modalités de cette collaboration.
III. DES FORCES DE DEFENSE ET DE
SECURITE DE CÔTE D’IVOIRE
Les Parties au présent Accord,
conscientes que l’Armée nationale doit être le reflet de l’unité et de la
cohésion nationales et la garante de la stabilité des institutions
républicaines, se sont engagées à procéder à la restructuration et à la
refondation des deux armées en vue de la mise en place de nouvelles forces de
défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité et de moralité
républicaine. Un mécanisme spécial de restructuration et de refondation de
l’Armée sera adopté par ordonnance pour fixer le cadre général d’organisation,
de composition et de fonctionnement des nouvelles Forces de Défense et de
Sécurité. En conséquence, les deux Parties décident de procéder à
l’unification des deux forces en présence par la création d’une structure
opérationnelle intégrée.
3.1. La mise en place d’un Centre de
commandement intégré (CCI)
3.1.1. Dans un esprit de cogestion des
questions liées à la Défense et à la Sécurité, les deux (02) Parties
ex-belligérantes conviennent de créer un Centre de commandement intégré chargé
d’unifier les forces combattantes en présence et de mettre en œuvre les
mesures de restructuration des Forces de Défense et de Sécurité de Côte
d’Ivoire.
3.1.2. Le Centre de commandement intégré adoptera son organigramme
et sera placé sous le commandement conjoint du Chef d’Etat Major Général des
FANCI et du Chef d’Etat Major des FAFN. Il sera paritairement composé
d’Officiers désignés par les deux (02) Chefs d’Etat Major.
3.1.3. Le Centre de
commandement intégré aura pour missions essentielles :
la
contribution à l’élaboration de la politique de défense et de sécurité ;
la mise
en œuvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de
Réinsertion (PNDDR), sous la supervision des Forces impartiales ;
l’opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus
de sortie de crise ;
la
sécurisation des audiences foraines, des opérations d’identification, ainsi
que la sécurité du processus électoral ;
la mise
en place d’unités militaires et paramilitaires mixtes ;
la
coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre
circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire
national.
3.2. Du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de
Réinsertion
3.2.1. Les Parties au présent Accord conviennent de procéder, dans
les meilleurs délais, au désarmement des forces en présence conformément aux
recommandations des Accords de Linas-Marcoussis et aux modalités prévues dans
les accords militaires suivants :
Le Plan
Conjoint des Opérations du DDR (PCO) signé le 09 janvier 2004 et actualisé
lors du séminaire sur le désarmement organisé du 02 au 06 mai 2005 à
Yamoussoukro sous l’égide de la médiation Sud-Africaine ;
Le
Programme national de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR/RC)
et son chronogramme, adoptés le 9 juillet 2005 à Yamoussoukro ;
Les
conclusions de la séance de travail tenue à Yamoussoukro le samedi 14 mai 2005
entre les Chefs d’Etat-major (CEM) des FDS et des FAFN.
3.2.2. Les Parties
conviennent d’accélérer le démantèlement et le désarmement des milices.
3.2.3.
Les Parties conviennent d’accélérer le processus de regroupement sur les dix
sept (17) sites préalablement localisés et d’exécuter le chronogramme du PNDDR
actualisé.
3.3. Le Service civique
3.3.1. Les deux (02) Parties conviennent
que le Service civique, destiné à encadrer toute la jeunesse de Côte d’Ivoire
et à la former en vue d’un emploi, accueillera également tous les jeunes qui
se sont familiarisés avec le maniement des armes pour les besoins de la
guerre, dans le but de les encadrer et de les former pour de futurs emplois
civils ou militaires.
3.3.2. L’organisation et le fonctionnement du Service
civique seront définis par décret pris en Conseil des Ministres.
IV. DE LA
RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT ET DU REDEPLOIEMENT DE L’ADMINISTRATION
SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE NATIONAL
4.1. Fermement déterminées à parvenir à
la normalisation politique et institutionnelle en Côte d’Ivoire, les Parties
au présent Accord s’engagent à restaurer l’autorité de l’Etat et
à redéployer l’administration et tous les services publics sur l’ensemble du
territoire national.
4.2. Le redéploiement de
l’administration et des services publics se fera par l’ensemble des ministères
concernés, sous l’autorité du Premier Ministre, dès la suppression de la zone
de confiance et l’établissement des postes d’observation. Le redéploiement de
l’administration concernera l’ensemble des services publics, y compris les
services sociaux de base, notamment ceux de l’éducation, de la santé, de l’eau
et de l’assainissement.
4.3. La désignation des responsables
des principaux services administratifs se fera après concertation entre les
deux Parties.
4.4. Les Forces de Police et de
Gendarmerie, comprenant les 600 éléments issus de l’Accord de Pretoria, seront
chargées d’assurer la sécurité de l’ensemble du corps préfectoral et des
services techniques déployés.
V. DU CADRE INSTITUTIONNEL D’EXéCUTION
5.1. Les deux (02) Parties au Dialogue Direct exerçant un contrôle effectif,
administratif et militaire, de part et d’autre de la zone de confiance,
conscientes de leurs hautes responsabilités dans le fonctionnement de l’Etat
et déterminées à parvenir à une normalisation politique et institutionnelle
fondée sur la gestion concertée du pouvoir politique et la réconciliation
nationale, décident de mettre en place un nouveau cadre institutionnel
d’exécution. 5.2. Le Gouvernement de transition travaillera dans un esprit de
concertation permanente, de complémentarité et d’ouverture aux autres forces
politiques de Côte d’Ivoire pour aboutir à la réunification de la Côte
d’Ivoire, au désarmement et à l’organisation d’élections ouvertes,
transparentes et démocratiques, tels que prévus dans les différents accords et
résolutions relatifs à la sortie de crise.
VI. MESURES VISANT A CONSOLIDER LA
RECONCILIATION NATIONALE, LA PAIX, LA SECURITE ET ET LA LIBRE CIRCULATION DES
PERSONNES ET DES BIENS
Afin de consolider la paix, la
réconciliation nationale et la libre circulation des personnes et des biens,
les Parties au Dialogue direct conviennent des mesures ci-après :
6.1. De l’embargo sur l’importation
des armes
6.1.1. Les deux Parties au Dialogue direct conviennent de demander
au Conseil de Sécurité des Nations Unies, avec le concours du Facilitateur et
de la CEDEAO, la levée de l’embargo sur les armes qui pèse sur la Côte
d’Ivoire dans un délai de trois mois après l’organisation de l’élection
présidentielle.
6.1.2. Elles conviennent aussi de demander au Conseil de
Sécurité de l’ONU, avec le concours du Facilitateur et de la CEDEAO, une
autorisation spéciale immédiate d’importer les armements légers nécessaires au
maintien de l’ordre et de la sécurité publique, sous le contrôle du Centre de
commandement intégré visé dans le paragraphe 3.1. ci-dessus.
6.2. De la zone
de confiance
6.2.1. Les deux Parties au Dialogue direct, dans le but de
permettre la libre circulation des biens et des personnes, conviennent de
demander aux Forces impartiales de la Licorne et de l’ONUCI la suppression de
la zone de confiance, conformément au paragraphe A.4. du document portant “
Gestion de la zone de confiance ”, dénommé Le “ Code 14 ”.
6.2.2. A titre
transitoire, une ligne imaginaire, dite ligne verte, allant d’Est en Ouest
suivant la ligne médiane de la zone de confiance, sera établie et sera
jalonnée par des postes d’observation installés sur les axes d’infiltration.
Les postes d’observation seront occupés par les Forces impartiales et seront
réduits de moitié tous les deux mois jusqu’à leur suppression totale.
6.2.3.
Des unités mixtes, composées paritairement des membres des FAFN et des FDS et
chargées d’assurer les missions de police et de sécurité, seront déployées
dans la zone de confiance. Ces unités seront supprimées avec la réforme et la
restructuration de l’Armée.
6.3. De la loi d’amnistie Afin de faciliter le
pardon et la réconciliation nationale et de restaurer la cohésion sociale et
la solidarité entre les Ivoiriens, les deux Parties au Dialogue direct
conviennent d’étendre la portée de la loi d’amnistie adoptée en 2003. A cet
effet, elles ont décidé d’adopter, par voie d’ordonnance, une nouvelle loi
d’amnistie couvrant les crimes et délits relatifs aux atteintes à la sûreté de
l’état liés aux troubles qui ont secoué la Côte d’Ivoire et commis entre le 17
septembre 2000 et la date d’entrée en vigueur du présent Accord, à l’exclusion
des crimes économiques, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
6.4. Des sanctions Les Parties au présent Accord conviennent de saisir l’Union
Africaine, par l’intermédiaire de la CEDEAO, pour demander au Conseil
de Sécurité des Nations Unies la levée immédiate des sanctions individuelles
frappant les acteurs de la crise ivoirienne.
6.5. Du Programme d’aide au retour
des déplacés de la guerre Dans la perspective de la réconciliation nationale
et de la normalisation politique et institutionnelle, les Parties au Dialogue
direct conviennent de mettre en place, dans les meilleurs délais, un Programme
d’aide au retour des déplacés de la guerre. Ce Programme vise à assurer la
réinsertion sociale des personnes et des familles qui ont abandonné leur
domicile ou leurs biens du fait de la guerre. Les deux (02) Parties
conviennent de donner au Ministère technique concerné les moyens de mise en
œuvre de ce Programme.
6.6. Du Code de bonne conduite En
raison de l’impérieuse nécessité d’apaiser et de moraliser la vie publique,
d’instaurer un nouvel environnement politique en Côte d’Ivoire et d’éviter
toute interprétation partisane et démagogique du présent Accord, les Parties
s’engagent à observer un code de bonne conduite.
6.6.1. Les Parties s’engagent à
organiser une vaste campagne d’information et de sensibilisation auprès des
populations vivant en Côte d’Ivoire, afin de les amener à adhérer pleinement
au processus de sortie de crise et de réconciliation nationale. 6.6.2. Elles
s’interdisent toute propagande, notamment médiatique, tendant à nuire à
l’esprit de la cohésion et de l’unité nationales. Elles font appel à la presse
nationale et internationale pour qu’elle accompagne, de manière constructive,
la consolidation de la paix et l’esprit de tolérance. 6.6.3. Les Parties
s’engagent à entretenir entre elles un esprit de dialogue permanent basé sur
la confiance mutuelle, à s’abstenir de toute attitude belligérante et
outrageante et à appeler leurs militants respectifs à adopter des
comportements empreints de respect et de retenue. 6.6.4. Elles conviennent de
conjuguer leurs efforts en vue de renforcer l’éthique et la moralité
républicaines au sein de leurs forces respectives, dans le respect de la
dignité et des droits fondamentaux de la personne humaine. Elles s’engagent à
conduire leurs forces respectives à travailler ensemble en bonne intelligence.
6.6.5. Les Parties s’interdisent toute utilisation abusive et contraire à
l’esprit du présent Accord de la société civile et des organisations
syndicales.
VII. DES MECANISMES DE SUIVI ET DE
CONCERTATION
Aux fins du suivi du présent Accord et de la poursuite du
Dialogue direct, les Parties conviennent de créer un Cadre permanent de
concertation (CPC) et un Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA).
7.1.
Le Cadre permanent de concertation (CPC) Le Cadre permanent de concertation
est un organe de veille et de Dialogue permanent dans le but de renforcer la
cohésion nationale. Il est composé ainsi qu’il suit :
Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République ;
Monsieur Guillaume K. SORO, Secrétaire général des Forces Nouvelles ;
Monsieur Alassane Dramane OUATTARA, Président du RDR ;
Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI ;
Monsieur Blaise COMPAORE, Président en exercice de la CEDEAO, en sa qualité de
Facilitateur. Hormis le Président Laurent GBAGBO et le Président en exercice
de la CEDEAO, les autres membres du CPC ont rang de Président d’institution.
Le CPC est compétent pour examiner toute question relative au présent Accord.
7.2. Le Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA) Le Comité d’évaluation
et d’accompagnement est chargé de l’évaluation périodique de la mise en œuvre
des mesures prévues dans le présent Accord. Il est également chargé de
suggérer toutes dispositions pratiques et nécessaires à la bonne exécution du
présent Accord. Il est composé ainsi qu’il suit :
Président : le Facilitateur ou son Représentant ;
Membres : trois (3) représentants pour chacune des deux (02) Parties
signataires ; Les deux Parties conviendront, d’un commun accord, de
l’élargissement du CEA à d’autres membres de la classe politique ivoirienne.
En outre, le Facilitateur fera appel à tout autre observateur, représentant de
pays et d’organisations internationales ou interafricaine qu’il jugera
nécessaire. Le CEA est présidé par le Facilitateur ou son représentant. Il se
réunit au moins une fois par mois en session ordinaire et, en tant que de
besoin, en session extraordinaire, sur convocation de son Président. Aux fins
de l’exécution de sa mission, le CEA rendra compte au CPC de la mise en œuvre
de l’Accord et en informera le Représentant spécial du Secrétaire général des
Nations Unies.
VIII. DISPOSITIONS DIVERSES ET
FINALES
8.1. Les Parties s’engagent à s’en remettre à l’arbitrage du
Facilitateur en cas de litige sur l’interprétation ou la mise en œuvre du
présent Accord.
8.2. Les Parties conviennent de demander des troupes
militaires africaines supplémentaires pour participer à la mission de paix des
Forces impartiales en Côte d’Ivoire.
8.3. Le chronogramme joint au présent
Accord en fait partie intégrante. Les Parties conviennent d’exécuter les
opérations convenues conformément à ce chronogramme.
8.4. Le présent Accord
entre en vigueur dès sa signature par les Parties. Les Parties conviennent de
demander au Facilitateur, en sa qualité de Président en exercice de la CEDEAO,
de saisir, par le biais de l’Union Africaine, le Conseil de Sécurité des
Nations Unies aux fins d’entériner le présent Accord.
Fait à Ouagadougou, le 04 mars 2007
Laurent GBAGBO Guillaume Kigbafori
SORO Président de la République Secrétaire général des Forces De Côte d’Ivoire
Nouvelles de la République de Côte d’Ivoire
Blaise COMPAORE, Président du
Burkina Faso, Président en exercice de la CEDEAO, Facilitateur
ANEXE CHRONOGRAMME DE MISE EN ŒUVRE
DE L’ACCORD DE OUAGADOUGOU
1. Signature de l’Accord politique
de Ouagadougou Jour J
2. Mise en place du Centre de
commandement intégré Commence deux (02) semaines après le jour J
3. Mise en place du cadre
institutionnel d’exécution Se fait quatre (04) semaines après la signature de
l’Accord.
4. Formation du Gouvernement Se fait
cinq (05) semaines après la signature de l’Accord
5. Suppression de la zone de
confiance et mise en place des unités mixtes Commencent une (01) semaine après
la formation du Gouvernement
6. Démantèlement des milices
Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure deux
semaines
7.- Regroupement (rassemblement par
unité des ex-combattants dans les sites de regroupement et stockage des armes
sous la supervision des Forces Impartiales)
Redéploiement
de l’Administration
Début
des audiences foraines Commencent deux (02) semaines après la formation du
Gouvernement et durent trois (03) mois
8. Enrôlement en vue de
l’inscription sur la liste électorale et de l’identification Commence un (01)
mois après le début des audiences foraines
9. Unification des forces en
présence et enrôlement pour le Service civique Commence quinze jours après le
début de l’enrôlement
10. Etablissement et distribution
des nouvelles cartes nationales d’identité et des cartes d’électeurs à partir
de la liste électorale Commencent à l’adoption officielle de la liste
électorale définitive
11. Fin du processus DDR et
organisation des élections