COUP DE GUEULE D'UN JEUNE IVOIRIEN…

Extrait du roman "Le blues de mes Afriques..."

 

ace à la dégradation du tissu social, politique et économique de mon pays, j'avais trois choix : soit subir passivement, les bras croisés dans mon coin, soit prendre mon caillou et ma machette pour me fondre dans ces foules de militants hystériques, aveuglés par la passion, qui cassent tout sur leurs passages et n'hésitent même pas à découper leurs semblables, pour peu que ceux-ci s'opposent à eux, soit prendre ma plume et une feuille de papier, pour baliser des voies nouvelles, avec plutôt des vers de pierres, afin de guider, par mes écrits, le peuple devenu aveugle…

    J'ai réfléchi et j'ai choisi la dernière possibilité. Non pas parce que je suis aussi passif que ceux qui préfèrent se tenir à l’écart ou encore parce que je ne me sens pas le courage de ceux qui descendent dans les rues pour revendiquer, mais simplement parce que j’ai compris que notre faiblesse, c’est notre manque de repères qui soient adaptés à ce que nous sommes véritablement ! C'est ainsi qu'est né ce pamphlet contre les véritables ennemis du développement africain.

    Je n'ai pas la prétention d'avoir trouvé la solution. Mais je voudrais qu'on m'accorde le mérite d'en avoir proposé une.

    

Désiré N'GUESSAN

Chef d'Entreprise et intellectuel ivoirien

auteur du roman "Le blues de mes Afriques..."

 

[...]

Génération kpouyaka nous sommes là.

Mon cerveau est un tam-tam qui résonne Africa !

Quand contre le macadam on le plaque avec fracas !

Pourtant je suis une génération et non un syndicat

 

ZouglouZouglou!     Zouglou!

Point de réponse, tous feignent d’ignorer mon vocabulaire

Je suis une abandonnée,  une sacrifiée sans propriétaire

Alors gare à quiconque m’ordonnera de me taire !

 

Tonne tam-tam, n’en déplaise à son Excellence

Je suis en transe car mon avenir est en souffrance

La bête vieillissante refuse d’admettre l’évidence

Vas-y tam-tam je sens la fin de mon adolescence.

 

O toi parent ! Quand je te crie : Zouglou? Réponds-moi : Séa!

Et toi pissant môgô, quand je te dis : Quéchia? Réponds-moi : Y’a fohi!

Contemplez cette ère pleine d’espoir

C’est le fruit de vos premières victoires

 

A coups de vers de pierres, balisez les voies nouvelles

De vos bras vigoureux et innocents, bâtissez l’Afrique nouvelle

Celle qui n’aura jamais plus  honte quand on parlera d’elle

Et surtout retenez : sans vous, je suis une génération sans cervelle

[...]

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